Épisode · 5 janvier 2024

Luc Jeannerot - Dirigeant - Agro Jeannerot - Agence commerciale

#6 Des Gens Des tracteurs - Luc Jeannerot - Fondateur et dirigeant - Agro Jeannerot - Agence commerciale Des gens Des tracteurs, c'est le podcast qui parle des gens qui travaillent dans le machinisme...

Résumé en 30 secondes

  • Luc Jeannerot a débuté en 2015 comme agent commercial, puis a fondé Agro Jeannerot, qui distribue aujourd'hui des marques de lisier et de désherbage mécanique.
  • Son SAV repose sur la proximité : les clients ont son numéro et 99 % des problèmes de bineuse se règlent par téléphone.
  • Il conseille d'aimer ce qu'on fait, évoque ses démos ratées, juge l'IA inadaptée au SAV et vante les nombreux postes du machinisme agricole.

Dans l'épisode #6 de Des Gens Des Tracteurs, Yoann Fond reçoit Luc Jeannerot, dirigeant d'Agro Jeannerot, une agence commerciale devenue société d'achat-revente. L'entretien est enregistré sur son stand, au salon de l'herbe. Il y parle de bineuses, d'épandage de lisier, de SAV et de la façon de se lancer dans le machinisme agricole.

Du rêve de mécanicien à l'agent commercial

Les parents de Luc sont agriculteurs. Dès l'âge de 8 ans, il rêvait d'être mécanicien en concession. Il a d'abord fait un BTS Agro-équipement à Vesoul, en apprentissage chez un concessionnaire New Holland, puis une licence à Chalon-sur-Saône.

Un stage en Irlande s'est transformé en année de césure au bureau d'études. Il a ensuite fait un master à Agrosup Dijon, avec six mois dans une école à Moscou, puis un contrat de professionnalisation consacré au SAV France et Belgique.

Pourquoi est-il devenu agent commercial ? Parce que l'équipe commerciale le faisait rêver, avec ses « chaussures pointues ». Il précise en riant qu'il n'en a toujours pas. Le métier lui plaisait surtout parce qu'on y est « sur tous les fronts » : vente, animation du réseau de concessionnaires, mises en route, pièces détachées, contact avec les agriculteurs.

Un SAV où le client a votre numéro

À quoi ressemble une semaine type ?

Elle varie selon les saisons : rendez-vous chez les concessionnaires et chez les clients, démonstrations, mises en route. S'y ajoute une astreinte téléphonique, notamment sur les bineuses, des outils complexes dont 99 % du SAV se fait par téléphone.

Tous ses clients ont son numéro, pour un réglage de caméra comme pour un clapet anti-retour bloqué. Luc y voit l'une des raisons de la confiance des concessionnaires, dont les ateliers sont déjà saturés. Les ateliers ne sont sollicités que pour les gros SAV.

Lancer des marques, et se tromper en public

Ce qui motive Luc, ce sont les marques en développement. Il cite Phoenix Agro-System, qui « n'existait pas du tout » au départ, et SlurryCat, peu connu en France il y a encore trois ans. Aujourd'hui, selon lui, cette marque représente deux tiers des publications sous le hashtag épandage 100 tonnes.

Son meilleur souvenir : le lancement officiel de la bineuse Phoenix au Cultural, à Reims, en 2018, après un tournage express de dix minutes. Son pire souvenir : une démo d'enrubanneuse devant du public, où les balles n'étaient pas serrées. Depuis, il prépare ses démos à fond.

Les manuels, les vidéos et l'IA

Les clients lisent-ils les manuels ? La réponse est cash :

Non, personne ne lit les manuels, non.

Le manuel est surtout là pour le certificat de conformité, obligatoire en français. L'entreprise compense en passant du temps avec le client : une demi-journée pour une mise en route, une journée complète pour un système d'épandage 100 tonnes.

Yoann lance justement une activité de vidéos pour expliquer l'utilisation, la réparation et le réglage des machines. Luc voit l'intérêt de tutoriels, par exemple un timelapse de conversion de bineuse, et même un outil de vente : le prospect voit qu'en face, des gens savent de quoi ils parlent. Rendez-vous est pris pour un essai.

Côté intelligence artificielle, Luc reste sceptique pour le SAV. Il évoque la fréquence des oublis côté client, comme une coupure de tronçon non activée, mais juge l'automatisation trop complexe à moyen terme.

Créer l'entreprise : de la commission à la distribution

Luc a démarré en 2015 comme agent commercial, payé à la commission, et il a gardé cette activité pour deux marques historiques. Il explique pourquoi il est passé à l'achat-revente puis à la distribution en 2019 : certaines marques ne pouvaient pas se travailler en agent, et l'indemnité d'agent devient coûteuse au-delà d'un million de chiffre d'affaires.

Il revient aussi sur les débuts difficiles : certains vendredis, il ne faisait pas le plein, sachant qu'il serait à découvert en attendant les commissions. Aujourd'hui, l'équipe compte cinq personnes et s'appuie sur un dépôt de pièces détachées dans le Doubs, avec des expéditions express en France et en Belgique.

Il se souvient d'avoir fêté son premier million de chiffre d'affaires en 2018. Il dit désormais le réaliser dès le mois de mars.

Les projets et les conseils

La prochaine étape consiste à renforcer l'existant, avec une gamme de cuves à lisier. La cuve de 18 000 litres présentée sur le stand serait la première sur le territoire français. L'objectif est d'occuper aussi les périodes intermédiaires et l'hiver, sans ajouter de produits d'été pour laisser des congés aux équipes.

Son conseil aux futurs entrepreneurs tient en peu de mots :

Il faut déjà aimer ce qu'on fait.

Il termine en plaidant pour le secteur. Il y a des emplois, des profils très variés, du bureau au terrain, et un milieu qu'il décrit comme sain. Il passe ensuite le relais en proposant d'inviter Sébastien Lambotte.

À écouter dans l'épisode complet : les anecdotes de terrain, les échanges avec Yoann et tous les conseils de Luc Jeannerot. Lancez l'épisode #6 dans votre application de podcast ou sur la vidéo.

Les temps forts de l’épisode

  1. 01:16 : Parcours : BTS, Irlande, Russie et master
  2. 03:30 : Une semaine type et le SAV par téléphone
  3. 06:12 : Meilleur et pire souvenirs professionnels
  4. 11:57 : Les clients lisent-ils les manuels ?
  5. 14:02 : De l'agent commercial à la distribution
  6. 18:59 : Projets : la gamme de cuves à lisier
  7. 20:50 : Pourquoi rejoindre le machinisme agricole

1. Quel est le parcours de Luc Jeannerot avant de créer Agro Jeannerot ?

Fils d'agriculteurs, Luc a fait un BTS Agro-équipement à Vesoul en apprentissage, puis une licence à Chalon-sur-Saône. Il a ensuite fait un stage en Irlande, une année de césure au bureau d'études et un master à Agrosup Dijon, avec six mois à Moscou. Il a terminé par un contrat de professionnalisation en SAV France et Belgique, avant de devenir agent commercial en 2015.

2. Comment fonctionne le SAV chez Agro Jeannerot ?

Les clients ont directement le numéro de Luc. Sur les bineuses, il explique que 99 % du SAV se fait par téléphone, par exemple pour un réglage de caméra. Le matériel arrive monté chez le concessionnaire, puis la mise en route est refaite avec un technicien. Les ateliers, déjà saturés, ne sont sollicités que pour les gros SAV.

3. Pourquoi Luc est-il passé d'agent commercial à distributeur ?

Comme agent commercial, il était payé à la commission sur les machines vendues. Il a ensuite fait de l'achat-revente quand clients et concessionnaires avaient besoin de produits non fournis par le constructeur. Certaines marques ne pouvaient pas se travailler en agent, et l'indemnité d'agent devient coûteuse au-delà d'un million de chiffre d'affaires. Il est donc devenu distributeur en 2019.

4. Que pense Luc des manuels d'utilisation et des vidéos explicatives ?

Il constate que personne ne lit les manuels, fournis surtout pour le certificat de conformité en français. L'entreprise compense par des mises en route d'une demi-journée, ou d'une journée pour l'épandage 100 tonnes. Il juge utiles des vidéos, par exemple un timelapse de conversion de bineuse, qui peuvent aussi servir d'outil de vente et complètent la pub.

5. Quels conseils et projets Luc partage-t-il à la fin de l'épisode ?

Il veut renforcer ce que l'entreprise sait faire, avec une gamme de cuves à lisier dont la 18 000 serait la première en France, sans ajouter de produits d'été. Aux futurs entrepreneurs, il conseille d'aimer ce qu'on fait, car la passion amène le travail. Il invite aussi à rejoindre le machinisme agricole, un milieu varié qui recrute.

← Voir tous les épisodes