Rémi Barbaresco Minipelle-Shop - De 150 € à 8 salariés
Il a démarré avec 150 euros et une idée béton : vendre des accessoires de mini-pelle sans intermédiaire. Aujourd'hui, sa boîte MiniPelle-Shop fait travailler 8 personnes. L'histoire de Rémi Barbaresco, c'est celle d'un mec du terrain qui a tout bousculé.
Résumé en 30 secondes
- Rémi Barbaresco a lancé Minipelle-Shop en 2017 avec un site payé 150 € par an pour revendre des godets de mini-pelle.
- Faute de standard d'attache rapide, l'entreprise adapte godets et accessoires sur mesure : platines soudées, découpe maison et fournisseurs surtout italiens.
- Aujourd'hui huit personnes, des CDD d'essai pour recruter, un refus des objectifs chiffrés et un conseil clair : entreprendre pour l'aventure, pas pour l'argent.
Dans cet épisode de Des Gens Des Tracteurs, enregistré au Sommet de l'élevage, Yoann Fond reçoit Rémi Barbaresco, fondateur et dirigeant de Minipelle-Shop. Cette entreprise du sud-ouest fournit des accessoires sur mesure pour mini-pelles et vend directement aux utilisateurs. Elle est née en 2017 d'un site à 150 € par an et compte aujourd'hui huit personnes.
D'un négoce d'occasion à un site de godets
Rémi vient de la région toulousaine. Son seul passage salarié : mécanicien pour une équipe de VTT pendant deux ans, qu'il décrit comme sa meilleure vie professionnelle. Il se met ensuite à son compte, d'abord artisan avec une pelle, puis à la tête d'une équipe allant jusqu'à cinq salariés, avant de dériver vers la location et le négoce de mini-pelles d'occasion.
Son père était négociant de matériel. Les deux hommes n'avaient pas la même vision du métier, et Rémi a fini par se réinstaller seul.
Le déclic de Minipelle-Shop est très concret : il manquait toujours un godet, ou un client demandait l'équipement à monter dessus. Il fallait courir d'un fournisseur à l'autre, sans jamais rien trouver de centralisé.
Le casse-tête des attaches rapides
En agricole, l'arrière est en trois points et l'avant en Euro. Sur une pelle mécanique, rien de tel : le fabricant de la pelle, celui des accessoires et celui des attaches rapides travaillent chacun de leur côté. Chaque concessionnaire monte donc l'attache qu'il veut.
Minipelle-Shop s'est placé comme un hub entre ces mondes. L'atelier de mécanosoudure emploie des soudeurs et des préparateurs. Les platines de fixation sont soudées directement sur les godets pour qu'ils arrivent prêts à l'emploi. Une machine de découpe, alimentée par leurs propres plans DXF et CNC, permet d'ajuster les oreilles aux bonnes dimensions. Pour l'hydraulique, ils s'appuient surtout sur des fabricants italiens.
Un client qui ne connaît pas toujours son attache
Paysagistes, forestiers, terrassiers, vignerons, loueurs : beaucoup savent conduire leur machine mais pas quelle attache elle porte. Un simple « j'ai une machine de telle marque » ne suffit pas, il faut connaître la marque de l'attache. Une photo envoyée par message règle souvent la question. Une version 3 du site, plus visuelle, est prévue pour janvier 2026.
Internet, ce n'est pas que le pas cher
Rémi avoue une croyance de départ : vendre en ligne imposait d'être pas cher. Il avait même hésité sur un nom de type « discount ». En proposant côte à côte des godets bon marché et des godets de qualité supérieure, il a constaté que les clients se tournaient vers la qualité. Il a donc supprimé la gamme économique.
Il explique aussi pourquoi il ne veut pas y revenir : si la qualité déçoit, l'utilisateur final retiendra le nom de Minipelle-Shop et le bon travail du reste du catalogue s'en trouvera abîmé.
« Notre site internet, c'est notre catalogue. »
Tout peut s'acheter en ligne, mais dès que le panier dépasse 1 000 € HT, le client appelle ou écrit presque toujours. Les échanges passent par mail, chat, WhatsApp, Instagram ou Facebook. Les délais visés sont de trois à quatre semaines, et les produits partent sur palette.
Recruter sans se mentir
L'entreprise s'est construite d'abord sur la production et la consolidation des fournisseurs, puis sur le commercial, avec l'arrivée d'Olivier. Pour recruter, Rémi propose un premier CDD d'un mois, puis un CDD de six mois ou d'un an : on ne triche pas sur la durée. Il fait aussi confiance à la discussion sur la culture d'entreprise et aux petits signaux faibles.
Il raconte l'embauche d'un soudeur dont le CV ne montrait rien de la soudure, mais qui avait envie, de l'audace et du courage. Six mois plus tard, il est en CDI.
Autre position tranchée : pas de chiffre d'affaires communiqué, et pas d'objectifs chiffrés pour l'équipe, car ils risquent de limiter une entreprise en progression.
Concurrents, revendeurs et marque blanche
Rémi veut rester ouvert avec tout le monde, y compris ceux qui le voient comme un concurrent. Il travaille avec certains revendeurs et concessionnaires, parfois en marque blanche. Il cite un treuil pour mini-pelle aux couleurs de Kobelco, réalisé pour un concessionnaire. Il évoque aussi son choix du rouge, qui rend le godet plus facile à retrouver au fond d'un champ.
Pourquoi écouter l'épisode
Rémi parle de la solitude du dirigeant, de la pression à entretenir sans la subir et de ce qu'il conseille à ceux qui veulent se lancer. Il revient aussi sur la crise de 2008, sur le rôle du comptable et du banquier, et sur son souhait de bâtir une culture d'entreprise qui vive sans lui.
Si vous aimez les parcours sans détour, les anecdotes d'atelier et les réflexions franches sur l'entrepreneuriat dans le TP, écoutez l'épisode complet.
Les temps forts de l’épisode
- 02:12 : Le parcours de Rémi : mécanicien VTT puis indépendant
- 05:59 : La naissance de Minipelle-Shop autour des godets manquants
- 07:14 : Attaches rapides : l'absence de standard sur les mini-pelles
- 16:58 : Godets pas chers ou qualité supérieure : la surprise
- 29:24 : Une équipe de huit personnes, la production d'abord
- 53:32 : Recruter : CDD d'essai et état d'esprit
- 1:06:12 : Conseils pour se lancer : l'aventure avant l'argent
1. Comment est née Minipelle-Shop ?
Rémi Barbaresco achetait et revendait des mini-pelles d'occasion. Il lui manquait toujours un godet, ou ses clients demandaient l'équipement à monter dessus, et il devait courir chez plusieurs fournisseurs. Il a voulu centraliser ces accessoires. Après l'échec d'une revente à des confrères, il a créé en 2017 un site pour vendre en direct, avec une solution à 150 € par an.
2. Quel problème de standardisation Minipelle-Shop cherche-t-il à résoudre ?
Sur une pelle mécanique, le fabricant de la machine, celui des accessoires et celui des attaches rapides travaillent séparément. Chaque concessionnaire monte donc l'attache qu'il veut, et même une grande marque n'a pas de standard. Minipelle-Shop joue le rôle de hub : l'entreprise adapte l'accessoire à l'attache du client, en soudant la platine ou en découpant les pièces à la bonne dimension.
3. Pourquoi Rémi a-t-il renoncé aux godets bon marché ?
Au départ, il pensait qu'internet imposait d'être pas cher. En présentant un godet économique et un godet de qualité supérieure, il a vu l'intérêt des clients se porter sur la seconde option. Il estime qu'il y aura toujours moins cher ailleurs, et refuse une gamme cheap qui, si elle déçoit, abîmerait l'image de Minipelle-Shop auprès de l'utilisateur final.
4. Comment Rémi recrute-t-il ses équipes ?
Il discute longuement de vision et de culture d'entreprise, sans parler d'argent au début, et prête attention aux signaux faibles. Une fois le candidat validé, il propose un CDD d'un mois, puis de six mois ou d'un an, car on ne peut pas tricher sur la durée. Il cite un soudeur au CV atypique, recruté pour son audace et toujours en poste ensuite.
5. Quel conseil Rémi donne-t-il à ceux qui veulent lancer leur entreprise ?
Il recommande de se lancer pour l'aventure et le plaisir de créer, pas pour prouver quelque chose aux autres ni pour l'argent. Selon lui, la trésorerie est l'essence et non le moteur : si l'argent devient la préoccupation centrale, la tête explose. Il ajoute qu'on dessine son entreprise à son image, avec ses fournisseurs, son équipe et sa culture.