Jean-Pierre Noret
Jean-Pierre Noret, une légende vivante du machinisme agricole historique et directeur de publication de "Tracteurs, Passion et Collection", nous révèle des secrets bien gardés, dont une fusion John Deere/Fiat avortée. Un parcours atypique fait de passion et de découvertes.
Résumé en 30 secondes
- Jean-Pierre Noret a transformé une passion d'enfance pour les tracteurs en métier : magazine Tracteur Passion et Collection, hors-séries, livres d'histoire et événements.
- Il défend l'histoire des marques : archives jetées, anecdote John Deere et Fiat vers 1970, commémorations qui parlent aux constructeurs et aux jeunes collaborateurs.
- Il parle sans filtre de ses échecs, d'une grosse crise avec un associé, de transmission, de rigueur face à un lectorat pointu et de passion.
Dans cet épisode enregistré au Sommet de l'élevage, Jean-Pierre Noret, auteur et créateur du magazine Tracteur Passion et Collection, raconte comment il a fait de sa passion du matériel agricole un métier qui n'existait pas. Face à Yoann Fond, il parle de presse papier, d'histoire des marques, d'événements et de miniatures, avec beaucoup d'anecdotes.
Une passion qui vient de l'enfance
À l'école, la maîtresse disait déjà à sa mère qu'il était passionné de tracteurs et qu'il lisait même pendant les récréations. Jean-Pierre Noret a 60 ans, il est né en 1965, et la retraite ne l'occupe pas. Il veut au contraire aller encore vers ce qu'il aime : le contact avec les gens, les entreprises et les histoires un peu oubliées.
Il rappelle que cette passion s'est structurée tard en France. Son premier article signé sur le tracteur date de 1993, son premier magazine de 1999. Pour lui, le retard sur la voiture ou la moto explique qu'il reste beaucoup à faire.
Du hors-série au kiosque : « il n'y a jamais de hasard »
L'épisode revient sur la façon dont le projet a pris forme. Des hors-séries de Matériel agricole d'abord, puis un titre en kiosque depuis juin 2007, qui approche de son 111e numéro. Il raconte comment des annonceurs ont accepté de suivre, et une histoire de Clio en panne qui l'a mis sur la route d'un contact chez Valmet.
Le jour où tu n'es plus passionné, il faut se poser des questions et changer de route.
Un magazine fait par des passionnés
Jean-Pierre Noret insiste sur le travail d'équipe. Il dit ne pas être journaliste mais « faire du journalisme », et il s'appuie sur une dizaine de pigistes, souvent passionnés avant d'être professionnels de l'écriture. Il évoque aussi l'époque des diapos, des disquettes et des pellicules de 36 poses, avant l'arrivée des mails en 2001.
Sauver l'histoire des marques
C'est l'un des passages les plus forts. Il explique que beaucoup de firmes perdent leurs archives et passent à côté de leurs anniversaires. Il raconte un travail sur l'historique de John Deere en France, et un « scoop » presque oublié : vers 1970, John Deere a failli s'allier à Fiat.
Sa leçon : avant de se dire numéro un, il faut se souvenir d'où l'on vient. Il rappelle aussi que John Deere a peiné à s'implanter en France et en Europe.
Un écosystème autour du papier
- un magazine tous les deux mois, avec environ 5 000 abonnés ;
- une présence sur Facebook et sur le terrain, notamment dans les salons ;
- des événements dédiés à une marque, un produit ou un anniversaire ;
- des projets d'histoire pour des constructeurs et des concessionnaires.
Il détaille aussi son rôle de prestataire d'un éditeur, qui s'occupe de la fabrication et de la diffusion, et ses démarches pour convaincre annonceurs et constructeurs avec un projet complet.
Les miniatures et l'histoire de « 100% pure tracteur »
Autre moment savoureux : l'origine du nom de la boutique, inspiré d'une marque de motocross qui collait ses autocollants « 100% » sur les casques. Jean-Pierre Noret raconte aussi le lien avec son frère, fabricant de modèles réduits, et avec le monde de la miniature agricole.
Échecs, doutes et exigence
Il revient sur un parcours scolaire compliqué, une orientation qui ne lui convenait pas, puis un métier inventé autour de sa passion. Il évoque aussi une crise lourde avec un associé et sa réponse : rester en mode solution et s'accrocher à ce qui marche.
Il explique enfin pourquoi la précision est vitale. Un lectorat pointu relève la moindre erreur, et ce qui est imprimé l'est « pour la vie ».
Transmettre et ouvrir aux jeunes
Pour la suite, il pense à la transmission, à de nouveaux projets d'histoire et à des événements. Il voit aussi dans la passion une porte d'entrée vers des métiers du machinisme, y compris pour des jeunes qui ne viennent pas du monde agricole.
Ce long échange mêle humour, souvenirs et conseils concrets. Pour entendre toutes les anecdotes, écoutez l'épisode complet.
Les temps forts de l’épisode
- 01:42 : Une passion du matériel agricole depuis l'enfance
- 05:11 : Le magazine en kiosque depuis juin 2007
- 19:58 : Quand John Deere a failli s'allier à Fiat
- 33:14 : Des événements plus ambitieux que les fêtes traditionnelles
- 36:46 : L'histoire du nom « 100% pure tracteur »
- 1:01:45 : La fierté d'un métier créé autour de sa passion
- 1:21:06 : Pourquoi l'exigence du lectorat impose la précision
1. Qui est Jean-Pierre Noret dans cet épisode ?
Jean-Pierre Noret est le créateur du magazine Tracteur Passion et Collection et de l'entreprise Passion et Collection. Il se présente comme passionné de tracteurs depuis l'enfance, né en 1965, auteur depuis 1993 sur le sujet. Il agit aussi comme agriculteur, auteur de contenus historiques et organisateur ou partenaire d'événements autour du matériel agricole de collection.
2. Comment est né le magazine Tracteur Passion et Collection ?
Les premiers numéros ont d'abord été des hors-séries du magazine Matériel agricole, après un premier refus pour des articles sur la passion. Jean-Pierre Noret a ensuite trouvé des annonceurs qui soutenaient le projet. Le titre est en kiosque depuis juin 2007, tous les deux mois, et approche son 111e numéro.
3. Quelle anecdote historique sur John Deere est racontée ?
Jean-Pierre Noret explique qu'au tournant des années 70, John Deere a failli se marier avec Fiat. Il dit en avoir retrouvé la trace grâce aux coupures de presse d'un spécialiste de la marque, et parle d'un scoop oublié. Il rappelle aussi que John Deere a eu du mal à s'implanter en France et en Europe.
4. Pourquoi défend-il les archives et les anniversaires d'entreprise ?
Il estime que les entreprises passent trop vite à autre chose, perdent leurs archives et ratent des dates historiques. Pour lui, revenir sur les fondamentaux relie passé, présent et avenir, aide les nouveaux collaborateurs à comprendre la marque et intéresse les constructeurs dans leur stratégie de commémoration, d'anniversaire et de rétrospective.
5. Quels conseils donne-t-il pour durer dans un métier de passion ?
Son conseil principal est de rester passionné : le jour où ce n'est plus le cas, il faut se poser des questions et changer de route. Il ajoute qu'il faut rester précis face à un lectorat exigeant, ne pas reculer, garder un esprit de solution après un échec et anticiper la transmission aux plus jeunes.