Cindy Husser - La commerciale de l'emploi chez Liebherr
Aujourd’hui, “Des Gens Des Tracteurs” passe en mode chantier : direction Liebherr, à Colmar, avec Cindy Husser, responsable marque employeur chez Liebherr Distribution & Service France.
Résumé en 30 secondes
- Cindy Husser pilote la marque employeur de Liebherr Distribution et Services France : attirer de futurs collaborateurs et fidéliser ceux déjà en poste.
- Pour recruter des techniciens, métiers en tension, elle mise sur les écoles : ateliers pratiques avec machines récentes, visites d'usine, concours et WorldSkills.
- Elle privilégie la vidéo et LinkedIn sur le long terme, avec des techniciens passionnés, et refuse toute image trompeuse de l'entreprise.
Comment donner envie à des jeunes de devenir technicien, et à des techniciens de choisir son entreprise plutôt qu'une autre ? Dans cet épisode, Yoann Fond reçoit Cindy Husser, en charge de la marque employeur de Liebherr Distribution et Services France. L'échange a lieu à Colmar, sur le site historique de l'usine de pelles de terrassement. Le sujet parle autant au monde des travaux publics qu'à celui du matériel agricole.
Une « bébé Liebherr » à la marque employeur
Cindy a fait toute sa carrière chez Liebherr. Arrivée en stage, elle a travaillé sur un projet de communication, puis aux ressources humaines, longtemps comme recruteuse. Depuis un an, elle ne fait plus de recrutement et se consacre entièrement à la marque employeur.
Son rôle a deux volets : rendre l'entreprise attractive pour de futurs candidats, et donner envie de rester à ceux qui sont déjà là.
Montrer en externe ce qui plaît en interne.
C'est sa définition la plus simple de la marque employeur. Elle assume aussi qu'on ne peut pas plaire à tout le monde.
Techniciens : pourquoi la pénurie ?
Les techniciens SAV ne courent pas les rues. Il y a plus d'offres que de candidats, peu d'écoles forment encore à ces métiers et certaines classes ferment. Cindy évoque aussi les contraintes : travail dehors par tous les temps, secteurs d'itinérance où l'on part à la semaine, grosses journées chez le client.
Yoann et Cindy comparent leurs expériences. Un jeune croisé sur un forum voulait un BTS maintenance après le collège, mais on l'avait orienté vers la filière générale. Une orientation que Yoann a lui-même connue, il y a plus de vingt ans.
Des écoles aux ateliers pratiques
Ce qui fonctionne selon Cindy ? Être présente dans les lycées avec des machines récentes, que les écoles n'ont pas toujours les moyens d'acheter. Les élèves tournent par petits groupes, encadrés par des techniciens : diagnostic de panne, relevés, logiciels. Elle y ajoute des ateliers de recrutement et des simulations d'entretien.
Elle aime aussi y faire intervenir des techniciens passionnés. Un collègue qui est passé par cinq divisions de produits laisse les jeunes en bouche bée.
Vidéo, LinkedIn : rester dans la tête des gens
Côté contenus, Cindy a tourné une série de vidéos courtes avec Nicolas Charton, centrées sur le quotidien d'un technicien. Elle a aussi fait tester le métier de technicien sur grues mobiles à Clémentine, testeuse de métier, une vidéo encore utilisée dans les écoles et les salons d'orientation.
La vidéo ne remplace pas l'offre d'emploi. Elle la complète et touche des personnes qui ne cherchent pas forcément. Le but : que Liebherr reste en tête le jour où quelqu'un voudra changer d'employeur.
Sur LinkedIn, elle raconte sa vie chez Liebherr à titre personnel, sans plan calculé. La page Liebherr en France, lancée en février 2025, vise trois publications par semaine, avec davantage de méthode.
Des projets qui sortent du cadre
- Inviter des écoles à visiter l'usine, avec une participation aux frais de voyage.
- S'associer à des concours de métiers, dont les WorldSkills, avec une finale nationale à Marseille en octobre.
- Imaginer des recrutements par simulation, voire en réalité virtuelle, plutôt que sur un simple CV.
L'impact reste difficile à chiffrer. Cindy aimerait que les recruteuses demandent systématiquement aux candidats ce qui leur a donné envie de postuler.
Fidéliser : communication, événements et fierté
En interne, Cindy s'appuie sur des newsletters, un intranet, un journal interne et un réseau social d'entreprise suivi par environ la moitié des collaborateurs. Elle organise aussi des événements pour créer du lien entre des sites répartis sur 13 implantations, dont la fête de Noël.
Elle raconte la soirée des 75 ans du groupe, où les collaborateurs ont eux-mêmes inondé les réseaux de photos et de vidéos. Yoann y voit un signe d'attachement fort.
Les erreurs à éviter
Pour Cindy, il ne faut pas fabriquer une fausse marque employeur : le décalage finit toujours par se voir. Elle déconseille aussi les vidéos trop scriptées. Yoann dénonce de son côté les opérations ponctuelles, une belle vidéo puis plus rien pendant des mois.
Un groupe familial aux multiples métiers
L'épisode se termine par un tour d'horizon de Liebherr : une histoire qui démarre en 1949 avec une grue à tour mobile, 13 divisions de produits et environ 54 000 collaborateurs dans le monde. Cindy souligne aussi la stabilité d'un groupe familial et les passerelles de carrière entre produits.
Pour entendre les anecdotes, les idées concrètes et le débat sur la « commerciale de l'emploi », écoutez l'épisode complet.
Les temps forts de l’épisode
- 04:10 : Le rôle quotidien de la marque employeur
- 07:50 : Pourquoi les métiers de technicien sont en tension
- 20:53 : Ateliers pratiques avec machines récentes dans un lycée
- 33:00 : Projet d'inviter les écoles à visiter l'usine
- 35:26 : Concours de métiers et WorldSkills
- 49:36 : Les erreurs à éviter en marque employeur
- 1:09:03 : Historique et activités du groupe Liebherr
1. Que fait Cindy Husser chez Liebherr ?
Elle est en charge de la marque employeur pour Liebherr Distribution et Services France. Il s'agit de rendre l'entreprise attractive pour de futurs candidats et de fidéliser les collaborateurs en poste, avec une communication externe sur les métiers et une communication interne autour des événements. Elle a fait toute sa carrière chez Liebherr, longtemps comme recruteuse, et ne fait plus de recrutement depuis un an.
2. Pourquoi est-il si difficile de recruter des techniciens ?
Ce sont des métiers en tension : il y a plus d'offres d'emploi que de candidats. Peu d'écoles forment encore à ces métiers, certaines classes sont peu remplies ou ferment. Cindy cite aussi des contraintes : travail dehors par tous les temps, secteurs où l'on part à la semaine, grosses journées chez les clients et recherche d'équilibre entre vie pro et vie perso.
3. Quelles actions Liebherr mène-t-il auprès des écoles ?
Liebherr apporte des machines récentes dans un lycée et anime des ateliers par petits groupes, encadrés par des techniciens : diagnostic de panne, relevés, logiciels. Cindy ajoute des simulations d'entretien. L'entreprise prépare aussi l'invitation d'écoles sur son site, avec participation aux frais de voyage, et s'associe à des concours, dont la finale nationale des WorldSkills à Marseille en octobre.
4. La vidéo peut-elle remplacer l'offre d'emploi ?
Non. Pour Cindy, l'offre reste un support formel qui permet de déposer une candidature, mais elle ne suffit pas. La vidéo la complète en montrant le métier et le quotidien, et touche des gens qui ne cherchent pas forcément. L'impact reste difficile à chiffrer : elle aimerait ajouter, au recrutement, une question sur ce qui a donné envie de postuler.
5. Quelles erreurs faut-il éviter quand on construit une marque employeur ?
Cindy déconseille de mentir ou d'inventer une image qui ne colle pas à la réalité : la personne recrutée s'en rendra compte et ne restera pas. Il faut assumer les particularités de l'entreprise, et ne pas se justifier face aux critiques. Yoann ajoute que les vidéos trop apprises par cœur sonnent faux, et que les coups ponctuels sans suite ne marchent pas.