Épisode · 14 novembre 2025

Clovis Richard construit des vélos agricole électrique

Clovis Richard n’a pas inventé le vélo… Mais il a inventé la mobilité agricole 2.0. Avec CR Industry et sa marque Tract’moi, il transforme les tracteurs en véritables véhicules utilitaires capables...

Résumé en 30 secondes

  • CR Industries, créée en 2023 en Vendée, vend sous la marque Tracte-moi des supports montés sur le relevage pour transporter vélos, motos ou quads.
  • La gamme Agricycle propose des vélos électriques tout-terrain annoncés jusqu'à 90 km d'autonomie, montés et réglés en Vendée, avec près de 60 accessoires possibles.
  • Financement par fonds propres, prêts et BPI, puis environ 700 000 euros levés ; objectifs : recruter, un distributeur par département et l'export.

Dans cet épisode, Yoann Fond reçoit Clovis Richard, dirigeant de CR Industries, une jeune entreprise vendéenne connue sous le nom Tracte-moi. Son idée tient en une question simple : comment un agriculteur se déplace-t-il quand il a besoin d'un deuxième véhicule au bout du champ ? La réponse tient sur le relevage du tracteur.

Une idée née dans les fermes familiales

Clovis a créé l'entreprise avec son associé Baptiste. Tous deux sont issus de familles d'agriculteurs : élevage de moutons dans les Deux-Sèvres, grandes cultures, viticulture. Trois métiers différents, mais un même besoin : en pleine saison, les parents les appelaient pour aller les chercher dans les champs.

Le point de départ était un projet entrepreneurial pendant leurs études d'ingénieur. Clovis dit aujourd'hui que les premiers porte-vélos « sont assez drôles à revoir ».

Il fallait un problème concret du quotidien, et c'est celui des déplacements de nos parents dans les exploitations.

Citation reformulée à partir de l'échange.

Tracte-moi et Agricycle : deux gammes, deux métiers

Les supports sur relevage

La gamme Tracte-moi se divise en porte-roues, pour vélos, trottinettes et motos, et en porte-quads. Le porte-roues est prévu pour 1 000 kg de charge utile. On peut y ajouter une masse en fixation rapide, des coffres, une petite benne ou un porte-jerrycan selon les saisons et les usages.

Le calcul de rentabilité est un des fils rouges de l'échange. Le support coûte environ 1 600 euros selon les options. Les allers-retours en tracteur évités sont du carburant non brûlé, et un simulateur en ligne permet d'estimer cette économie.

Des vélos électriques pensés pour l'exploitation

La marque Agricycle propose des vélos tout-terrain électriques. Clovis évoque jusqu'à 90 km d'autonomie et près de 60 accessoires : porte-bagages, remorque, coffre, pneus renforcés. L'entreprise travaille avec deux fabricants et assure le montage, le réglage et le service depuis la Vendée. Réparabilité, fiabilité et robustesse ont motivé ce choix.

Financer une entreprise industrielle quand on sort d'école

Yoann pose la question sans détour : comment finance-t-on bâtiment, matières premières et conception ? Clovis détaille le parcours : de petites économies, 30 000 euros apportés à la création, des prêts bancaires, puis des aides à l'innovation de la BPI. Il insiste sur un point : les premiers prototypes ont été vendus avant de créer la société, pour vérifier que les clients étaient prêts à payer.

Une levée de fonds d'environ 700 000 euros, bouclée début 2025, a ensuite servi à accélérer. Les nouveaux associés sont plutôt des chefs d'entreprise locaux, choisis par les fondateurs. Clovis explique aussi comment il vit cette pression, ce qu'elle change et ce qu'elle ne change pas.

Distributeurs, bricoleurs et assureurs

L'un des passages les plus concrets porte sur la concurrence. Selon Clovis, la vraie rivale est l'agriculteur bricoleur qui soude un rail sur son relevage. Il raconte un cas : un agriculteur percuté sur la route, environ 15 000 euros de réparation, et un expert qui conclut à une modification de la machine. Pour savoir comment l'assurance a réagi, il faut écouter l'épisode.

Il explique aussi comment convaincre des distributeurs réticents face à un nouvel entrant. Il en compte environ 60 en France, avec un objectif clair pour la fin de l'année.

Embaucher d'abord en communication

Autre choix surprenant : la première embauche a été une personne dédiée à la communication. Clovis explique pourquoi de bons catalogues, fiches techniques et totems pour les magasins valent mieux que des centaines de portes poussées. Il détaille aussi les salons, les réseaux sociaux et le compte TikTok créé fin 2024.

Chaque produit porte un QR code qui mène vers des fiches techniques, des tutoriels vidéo et les actualités de l'entreprise. Yoann, qui accompagne ce type de démarche, creuse la question : comment savoir que cela fait gagner du temps ? La réponse est honnête et nuancée.

Cap sur l'Europe

Les projets ne manquent pas : passer de 5 à 8 ou 9 personnes, développer l'export vers la Belgique, l'Allemagne et d'autres pays voisins, préparer un nouvel équipement de transport de matériel de maintenance. Clovis esquisse aussi sa vision pour 2030.

L'épisode se termine sur des anecdotes de détournements d'usage, sur sa manière de voir l'entrepreneuriat et sur ses conseils aux jeunes qui hésitent à entrer dans le secteur agricole.

À retenir avant d'écouter

  • Un produit né d'un besoin vécu en famille.
  • Une validation commerciale avant la création de la société.
  • Un SAV pensé pour réduire les appels téléphoniques.

Pour entendre Clovis Richard raconter tout cela avec ses mots, écoutez l'épisode complet.

Les temps forts de l’épisode

  1. 00:49 : CR Industries, Tracte-moi et le besoin de départ
  2. 06:37 : La gamme : porte-roues, porte-quads et équipements modulaires
  3. 11:50 : Financer l'entreprise : fonds propres, prêts et BPI
  4. 18:46 : Le montant de la levée de fonds et ses effets
  5. 31:38 : Le bricolage sur relevage face à l'assurance
  6. 35:31 : Pourquoi embaucher d'abord en communication
  7. 43:09 : QR code, tutoriels et SAV allégé

1. À quoi sert concrètement un équipement Tracte-moi ?

Il se monte sur le relevage du tracteur pour transporter un vélo, une moto, une trottinette ou un quad. L'agriculteur peut ainsi aller chercher un second tracteur, rentrer traire ou déjeuner sans attendre quelqu'un en voiture. Le porte-roues est prévu pour 1 000 kg de charge utile, avec masses, coffres ou petite benne en option.

2. Combien coûte un support et comment se calcule le retour sur investissement ?

Clovis annonce environ 1 600 euros pour le support selon les options, contre plusieurs milliers d'euros pour un vélo électrique. Le gain vient des allers-retours évités en tracteur, donc du carburant non brûlé. Un simulateur sur leur site permet d'estimer les litres économisés selon la distance moyenne entre parcelles ou sites.

3. Comment CR Industries a-t-elle été financée ?

Les premiers prototypes ont été financés sur fonds propres, puis la société a été créée avec 30 000 euros apportés par les deux associés. Sont venus ensuite des prêts bancaires et des aides de la BPI pour l'innovation. Une levée d'environ 700 000 euros, bouclée début 2025, vise à accélérer et à recruter.

4. Pourquoi la première embauche a-t-elle été une personne en communication ?

Selon Clovis, la communication est un métier, et créer soi-même les outils prenait trop de temps. De bons catalogues, fiches techniques et totems aident les distributeurs à vendre et rendent le développement commercial plus efficace. Cette personne produit aussi des tutoriels de montage et de maintenance, ce qui réduit les sollicitations du SAV.

5. Pourquoi ne pas fabriquer soi-même son support sur le relevage ?

Clovis cite des retours de clients dont le bricolage ne convenait plus après un changement de vélo, ou qui ont eu un accident. Il raconte un cas où l'expert a conclu à une modification de la machine après la soudure d'un rail. Selon lui, il y a très peu à gagner à le faire soi-même.

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