Sébastien Ducote - Goweil - Inspecteur technique
#4 Des gens Des tracteurs - Sébastien Ducote - Goweil - SAV itinérant - Technique - Machine agricole Des gens Des tracteurs, c'est le podcast qui parle des gens qui travaillent dans le machinisme...
Résumé en 30 secondes
- Sébastien Ducote, passé de dix ans chez un agent commercial à Goweil depuis deux mois, y assure SAV, mises en route et démonstrations.
- Pour lui, l'intelligence artificielle ne remplacera pas le relationnel, qui représente selon lui 80 % du travail dans l'agricole.
- Les manuels sont peu lus : il recommande des vidéos d'une minute maximum, accessibles en 30 à 40 secondes, par lien ou QR code.
Dans cet épisode de « Des Gens Des Tracteurs », Yoann Fond reçoit Sébastien Ducote, inspecteur technique chez Goweil, sur le stand de la marque au salon de l'herbe. Au programme : un métier de terrain fait de SAV, de mises en route et de démonstrations, et une réflexion très concrète sur ces manuels que presque personne ne lit.
Un métier itinérant, choisi en connaissance de cause
Sébastien compte onze ans dans le matériel agricole. Son parcours : un BEP puis un bac pro en maintenance des engins agricoles, un BTS agroéquipement, puis un CQP. Il a passé dix ans chez un agent commercial et travaille chez Goweil depuis deux mois. Le poste est le même, pour un autre constructeur.
Ce qui l'attire ? Chaque jour, une région différente, des interlocuteurs différents, une façon de travailler différente. Il ne se voyait pas en concession, « tout le temps sur du matériel » sans voir personne. Arrivé le 3 avril, en pleine période, il a enchaîné les mises en route dès les premiers jours.
Pourquoi changer après dix ans ?
Rien ne se passait mal, mais il sentait le besoin de tourner la page, de travailler pour un seul constructeur sur un secteur plus petit, et de rouler moins pour des raisons de vie familiale. Il couvrait auparavant la France, la Belgique et, un temps, la Suisse. Il est aujourd'hui sur l'est de la France.
Il explique aussi pourquoi cela peut se concilier avec la vie de famille : chez Goweil, mai, juin et juillet sont intenses, surtout en enrubannage, où il n'y a « pas trop le droit à l'erreur ». Le reste de l'année est plus calme.
Une démo mal partie, un client conquis
Son souvenir marquant tient en une démonstration très mal embarquée. Le vendeur avait presque tout lâché, à cause d'un problème de ficelle. L'équipe est allée chercher six pelotes chez un agriculteur qui les a dépannés. À la fin, le client a acheté la machine.
Son pire souvenir ? Le jour de sa démission, forcément étrange après dix ans dans la même société.
Autriche, Italie… chaque constructeur sa méthode
Ses années auprès de plusieurs constructeurs lui ont appris à comparer les cultures. Le côté autrichien se rapproche de l'allemand : très structuré, très précis. Côté italien, il faut que ça fonctionne à tout prix. Et chaque constructeur a, dit-il, « son petit côté borné ».
Manuels, vidéos, QR code : comment aider vraiment l'utilisateur
Sébastien le constate : les manuels sont très peu lus. Beaucoup d'appels portent sur des réglages « marqués noir sur blanc ». Son hypothèse : c'est de la lecture, et une approche plus imagée serait mieux accueillie.
Yoann présente alors son projet : coller un QR code sur la machine pour accéder à des vidéos. L'échange devient très pratique. Sébastien évoque les vidéos explicatives du site Goweil et les messages WhatsApp que lui envoient les utilisateurs avec photos ou vidéos, bien plus parlants que des mots.
- Une vidéo d'une minute maximum, brève mais explicative.
- Une solution trouvée en 30 à 40 secondes, car l'utilisateur en panne est en plein travail.
- Un lien que le concessionnaire peut conserver et redonner à ses clients.
Si c'est pas accessible rapidement, c'est même pas la peine
Autre point : l'image évite les malentendus et le risque de créer une deuxième panne en refaisant mal une manipulation. Quant à l'e-learning, Sébastien ne connaissait pas le terme, mais y voit une démarche proche de ce que propose déjà le site.
Intelligence artificielle : une limite nette
Sur l'IA, son avis est tranché. Elle pourrait aider à trouver une panne, mais le relationnel reste, selon lui, l'essentiel du métier dans l'agricole.
L'intelligence artificielle ça ne remplacera jamais le côté humain
Transmettre et donner envie de rejoindre le métier
Sébastien ne se voit pas en concession ni côté tracteur, qu'il juge plus monotone. Il aime son poste actuel. Plus tard, après vingt ou trente ans d'expérience, il se verrait bien former des jeunes dans une école.
Pour convaincre de rejoindre le machinisme agricole, il met en avant l'itinérance et les horaires flexibles « dans les deux sens », ainsi que la richesse des rencontres. Il admet qu'il faut accepter de se déplacer et de découcher de temps en temps. Il conclut en recommandant Arthur Goutemar pour un prochain épisode.
Pour entendre les anecdotes de terrain et les conseils de Sébastien Ducote en entier, écoutez l'épisode complet.
Les temps forts de l’épisode
- 01:08 : Pourquoi choisir un métier itinérant
- 03:06 : La démonstration mal partie qui finit en vente
- 03:20 : Le pire souvenir et le choix de quitter son poste
- 07:31 : Autrichiens, Italiens : les différences entre constructeurs
- 08:05 : L'intelligence artificielle dans le SAV
- 09:38 : Pourquoi les manuels ne sont pas lus
- 14:39 : Comment donner envie de rejoindre le métier
1. Quel est le parcours de Sébastien Ducote avant Goweil ?
Sébastien compte onze ans dans le matériel agricole. Il a fait un BEP et un bac pro en maintenance des engins agricoles, un BTS agroéquipement, puis un CQP en contrat de qualification chez un agent commercial. Il y est resté dix ans, pour le même type de poste, avant de rejoindre Goweil deux mois avant l'enregistrement.
2. Pourquoi a-t-il quitté son ancienne société après dix ans ?
Il explique que rien ne se passait mal, mais qu'au bout de dix ans il avait besoin de tourner la page et de voir autre chose. Il voulait travailler pour un seul constructeur, sur un secteur plus petit, et rouler moins pour des raisons de vie familiale. Il est aujourd'hui sur l'est de la France.
3. Que raconte-t-il sur sa démonstration la plus marquante ?
Il évoque une démonstration très mal partie, où le vendeur avait presque tout lâché, à cause d'un problème de ficelle. L'équipe est allée chercher six pelotes chez un agriculteur qui les a dépannés. Malgré un début désespéré, la situation s'est retournée et le client a finalement acheté la machine.
4. Pourquoi les utilisateurs lisent-ils peu les manuels, et que propose-t-il ?
Selon Sébastien, les manuels sont très peu lus parce que c'est de la lecture. Il pense qu'une solution plus intuitive et plus imagée serait davantage utilisée. Il cite les vidéos explicatives du site Goweil et juge le QR code sur la machine intéressant, car les utilisateurs ont l'habitude du smartphone et de WhatsApp.
5. Quelles qualités doit avoir une vidéo d'aide pour être utile ?
Elle doit être courte, d'une minute maximum, brève mais très explicative. Elle doit aussi être trouvée très vite, en 30 à 40 secondes, car un utilisateur en panne est généralement en plein travail. Sébastien estime que deux minutes de recherche suivies d'une vidéo de cinq minutes, ce n'est pas la peine.