35 - 1 - Exca et Aaron de Technique-TP - Partie 1
35 - Exca et Aaron de Technique TP - partie 1 On part à la rencontre de l’association Technique TP, véritable ovni dans le paysage des travaux publics.
Résumé en 30 secondes
- Technique TP est une association indépendante, déposée à l'INPI il y a dix ans et demi, pour promouvoir les métiers du TP auprès des jeunes.
- Son groupe Facebook, autour de 330 000 membres, a atteint 9,5 millions de vues en un mois, contre 4 à 4,5 millions habituellement.
- Exca affirme n'avoir jamais touché d'argent des fabricants : cette indépendance financière lui permet de dire en bien comme en mal ce qu'il pense des machines.
Que se passe-t-il quand un podcast sur le machinisme agricole accueille des gens du travaux public ? Dans cette première partie, Yoann Fond reçoit Hervé, plus connu sous le pseudo d'Exca, président de l'association Technique TP, et Aaron, venu avec lui. Pour l'occasion, l'animateur se promet de rebaptiser son émission « Des Gens Des Pelleteuses ».
L'enregistrement a duré presque trois heures, d'où deux parties. Celle-ci pose les bases : qui sont les invités, ce qu'est Technique TP et pourquoi son franc-parler fait parler.
Deux parcours réunis par le TP
Exca, un pseudo né chez les internautes
Hervé a passé vingt ans chez JCB : démonstration, formation, essais de prototypes. Il a ensuite rejoint une petite concession dans les Landes, sur du gros matériel. Retraité aujourd'hui, il dit avoir laissé plus d'un tiers de parts de marché dans son secteur. Il revendique aussi une conviction : ne jamais vendre de matériel venu de Chine, avec au moins 80 % de produits fabriqués en Europe dans les gammes qu'il représentait.
Son pseudo ? Il avait choisi « Excavator Extreme » sur un site de photos d'engins. Trop long : les internautes ont gardé Excavator, puis Exca. Dans les salons, beaucoup ne le connaissent que sous ce nom.
Aaron, du groupe Facebook au terrain
Aaron a découvert le groupe Technique TP en 2020. Un jour, il est venu conduire des machines sur le terrain d'Hervé, accueilli comme s'ils se connaissaient depuis dix ans. Il a fini par quitter Paris pour les Landes. Formé comme conducteur de travaux, il est chef de chantier pour acquérir l'expérience nécessaire.
Technique TP : tirer le métier vers le haut
L'association a été déposée à l'INPI il y a dix ans et demi. Son but : donner envie aux jeunes de venir dans le TP, en montrant que le métier ne se résume pas à pousser du caillou. Hervé compare avec la Formule 1 ou le rugby : il faut des champions pour tirer tout le monde vers le haut.
Concrètement, Technique TP est présente dans les salons, dans la presse, sur Facebook et LinkedIn. Elle organise aussi un salon premium tous les deux ans en partenariat avec une école. Autre règle fondatrice : l'autonomie financière, pour pouvoir dire ce qu'on pense.
Un groupe Facebook à 9,5 millions de vues
Le groupe rassemble environ 330 000 membres. Sur un mois, il a atteint près de 9,5 millions de vues, alors que la moyenne tourne depuis quatre ou cinq ans autour de 4 à 4,5 millions. Hervé reconnaît ne pas avoir fait quelque chose de spécial.
On y croise des mini-pelles comme des engins miniers canadiens, du vieux matériel, des sujets de conception et des offres d'emploi. L'idée résumée par Hervé : couvrir « de 100 kilos à 100 tonnes ».
Qui entre, qui modère ?
Seuls 10 à 15 % des demandes d'inscription sont acceptés. Des modérateurs vérifient chaque jour les profils : sans photo d'engin ni réponse aux questions, la demande est refusée. Aaron apprécie surtout les anecdotes d'anciens, qui rappellent ce qu'était le TP avant la cabine chauffée.
Dire la vérité, même quand ça coûte
Ce qu'on dit le 1er janvier sera vrai le 31 décembre.
Cette ligne rouge est au cœur de l'épisode. Hervé explique que Technique TP n'a jamais touché un euro d'un fabricant, hors facturation de frais pour une action précise. Elle refuse aussi de porter les couleurs d'une marque sur ses blousons.
Quand la franchise a un prix
Hervé raconte un article jugé trop indulgent sur une machine, puis la colère d'un membre déçu par ses pannes. Résultat : quelques jours à éteindre l'incendie et la fin d'un partenariat. Il cite aussi un essai sévère qui a refroidi la relation avec un constructeur, avant que celui-ci ne revoie sa gamme quelques années plus tard.
Il raconte enfin le cas inverse : un essai se passe mal, la machine repart sur le camion et le fabricant devient pourtant l'un des plus gros partenaires.
Essais, cahiers des charges et prototypes
Hervé distingue plusieurs types de tests : ceux publiés dans Le Moniteur Matériel, les essais proposés par les fabricants et les démarches confidentielles. Dans ce dernier cas, l'association contribue à des cahiers des charges avec un cercle très restreint, de moins de dix personnes de confiance.
Il évoque notamment un projet de bulldozer testé en Corée, des essais de chargeuses aux États-Unis et une nouvelle cabine en préparation chez un fabricant visité en Turquie. Il ne parle pas de simples boutons changés, dit-il, mais de vrais retours d'utilisateurs.
Pourquoi écouter l'épisode
On y entend un échange direct, parfois très franc, sur l'indépendance des médias techniques, la place des jeunes dans le TP et la façon dont un groupe en ligne peut peser auprès des constructeurs. Hervé et Aaron racontent leur histoire avec humour.
Pour entendre tous les détails de ces histoires de chantiers, de pelles et de confiance, écoutez l'épisode complet.
Les temps forts de l’épisode
- 00:38 : Présentation d'Hervé, alias Exca, et d'Aaron
- 04:45 : L'origine du pseudo Excavator et vingt ans chez JCB
- 09:19 : La création de l'association Technique TP
- 18:15 : Accès au groupe Facebook et modération
- 28:08 : Dire les choses telles qu'elles sont, sans pression des marques
- 49:00 : Un essai jugé sévère et la réaction du fabricant
- 1:02:18 : Bulldozer prototype testé en Corée
1. Qui sont Hervé (Exca) et Aaron dans cet épisode ?
Hervé, dit Exca, est président de l'association Technique TP. Retraité, il a passé vingt ans chez JCB, puis travaillé en concession dans les Landes. Aaron a rejoint le groupe Technique TP sur Facebook en 2020. Formé comme conducteur de travaux, il est chef de chantier et a quitté Paris pour s'installer dans les Landes.
2. D'où vient le pseudo Exca ?
Hervé s'était inscrit sur un site de photos d'engins sous le pseudo Excavator Extreme, qu'il jugeait long et un peu pompeux. Les internautes ont rapidement retenu seulement Excavator, plus court et plus facile. Il a alors modifié son pseudo. Il précise que ce sont les internautes qui lui ont trouvé son nom, aujourd'hui abrégé en Exca.
3. Quel est le but de l'association Technique TP ?
Technique TP veut promouvoir les travaux publics et attirer de jeunes compétences en montrant le bon côté du chantier. Elle est présente dans les salons, la presse et les réseaux sociaux, et organise un salon premium tous les deux ans avec une école. Hervé insiste aussi sur son indépendance financière, nécessaire pour dire ce qu'elle pense.
4. Comment fonctionne le groupe Facebook Technique TP ?
Le groupe compte environ 330 000 membres et a atteint près de 9,5 millions de vues en un mois, contre 4 à 4,5 millions habituellement. On n'y relit pas chaque publication, mais seuls 10 à 15 % des demandes d'inscription sont acceptés. Les modérateurs vérifient notamment que le profil a un lien avec le TP, par exemple via une photo d'engin.
5. Comment Technique TP garde-t-elle sa crédibilité face aux fabricants ?
Hervé affirme que l'association n'a jamais touché d'argent d'un fabricant, hormis des frais facturés pour une action précise. Elle refuse la publicité et les logos de marques sur ses blousons. Il cite un partenariat perdu après un article trop indulgent, puis un essai négatif suivi d'une relation devenue très forte avec un fabricant.