Épisode · 14 février 2025

Elodie Fond de la culture à l'agriculture

Des Gens Des Tracteurs - Rencontre avec Élodie Fond, Paysanne Brasseuse de Kéfir Aujourd’hui, on part à la rencontre d’Élodie Fond, une agricultrice pas comme les autres ! Installée à Frebécourt,...

Résumé en 30 secondes

  • Élodie Fond, ancienne salariée du socioculturel, s'est installée à Frebecourt, dans les Vosges, pour produire du kéfir d'eau parfumé aux plantes aromatiques.
  • Sa reconversion s'appuie sur un BPREA de neuf mois, le dispositif Transition Pro, une rupture conventionnelle puis le chômage pendant le lancement.
  • Le kéfir est commercialisé depuis novembre 2023 en circuit court ; son prochain défi est de trouver un lieu où vivre et produire.

Dans cet épisode, Yoann Fond reçoit Élodie Fond à Frebecourt, dans les Vosges. Après douze ans dans le monde associatif et socioculturel, elle s'est installée comme agricultrice pour produire du kéfir parfumé aux plantes aromatiques. Elle se définit comme paysanne brasseuse et dirige la Ferme de la Cinquième Saveur.

Du socioculturel à la terre : un chemin plutôt qu'un déclic

Élodie ne parle pas d'élément déclencheur, mais d'un parcours. Elle a étudié à Nancy, Lyon et Lille jusqu'à un master métiers de la culture. Elle a ensuite organisé des festivals de théâtre de rue, formé des gens à la gestion des conflits et géré l'antenne d'une MJC.

Ces années lui servent encore aujourd'hui pour l'organisation, la coordination et l'administratif. Elle raconte aussi qu'elle se donnait trop dans son ancien poste, entourée de beaucoup de monde : « je me cramais ». Elle apprécie désormais le temps passé seule dans son champ ou son laboratoire.

Comment faire le saut sans tout perdre ?

Élodie a suivi un BPREA, brevet professionnel responsable d'entreprise agricole, de septembre 2021 à juin 2022. Elle a choisi un lycée agricole du Jura spécialisé en agriculture biologique, avec une branche plantes aromatiques et médicinales. Elle y a fait beaucoup de stages, car elle a besoin d'apprendre en faisant.

Côté financement, elle détaille le dispositif Transition Pro, qui a pris en charge sa paye pendant la formation avec l'accord de son employeur. Elle a ensuite obtenu une rupture conventionnelle, puis le chômage pendant le lancement. Elle précise que les règles ont peut-être changé depuis 2021.

Le kéfir d'eau, expliqué simplement

Des grains qui se multiplient

Le kéfir est une boisson naturellement fermentée, pétillante et sans alcool. Élodie fait du kéfir d'eau, à partir de grains qui sont une symbiose de levures et de bactéries. Ils se donnent de main en main et se multiplient à chaque fermentation. Elle les compare à un troupeau qu'il faut soigner.

Elle travaille en brassins de 100 litres, avec 3 kilos de grains et 2 kilos de sucre. À 22-23 degrés, la première fermentation dure 24 heures. Elle y ajoute du jus de citron et des figues sèches.

Des plantes infusées à part

Les plantes sont séchées, puis infusées à chaud ou à froid selon leur nature, mais jamais en contact avec les grains. Elle compte 4 à 6 grammes de plantes par litre. Sa gamme compte onze saveurs :

  • cassis, thym citron, isope, romarin et sauge ;
  • une plante de la famille des absinthes au goût de cola ;
  • des assemblages comme le kéfir Soleil et le kéfir Lorraine, au goût bergamote ;
  • des fleurs cueillies : tilleul, sureau et reine-des-prés.

Quand la nature décide : limaces, figuiers et humilité

Vraiment, c'est une thérapie à ciel ouvert.

Élodie décrit ainsi ce que lui apprend le travail avec le vivant. Sa deuxième saison a été marquée par la pluie et une prolifération de limaces. Elles ont ravagé ses 20 figuiers, plantés pour devenir un jour autonome en figues. Elle a aussi planté de la rhubarbe pour remplacer le jus de citron.

Ce qui frappe, c'est qu'elle ne parle pas de galère : pour elle, cela « fait partie du jeu ».

Vendre en circuit court, chiffres à l'appui

Le kéfir est commercialisé depuis novembre 2023, dans un rayon d'environ une heure autour de chez elle :

  • magasins bio et magasins de producteurs ;
  • AMAP, restaurants, bars et cavistes ;
  • des livraisons autour de Nancy et jusqu'à Épinal.

Le cassis et le sureau partent le plus vite. Élodie donne aussi ses chiffres : entre 1 500 et 1 700 euros hors taxes par mois, jusqu'à 2 100 en juin. Son plan d'entreprise vise 54 000 euros par an, un calcul qu'elle veut recalibrer maintenant qu'elle connaît mieux le matériel et le laboratoire.

Liberté, plaisir et défis à venir

Ce qu'Élodie apprécie dans sa nouvelle vie, c'est de faire les choses à son rythme et de laisser aller sa créativité en testant de nouvelles recettes. Même avec des journées de 10 à 12 heures, elle dit : « je m'amuse ». Son défi actuel est concret : trouver un endroit où vivre et produire sans s'endetter sur cinq générations. À trois ans, elle imagine réunir séchoir, brasserie et stockage au même endroit.

Le tracteur, lui, reste secondaire dans son quotidien. Elle l'utilise peu, surtout pour préparer le sol, et avoue éviter l'attelage. De quoi inspirer Yoann à propos des formations au matériel agricole.

Pour entendre Élodie raconter ses limaces, ses essais de saveurs et sa façon de se lancer, écoutez l'épisode complet.

Les temps forts de l’épisode

  1. 03:19 : Du socioculturel à l'agriculture : études et douze ans dans le monde associatif
  2. 09:04 : Le BPREA : une formation de neuf mois spécialisée en bio
  3. 10:32 : Transition Pro, rupture conventionnelle et chômage pour se lancer
  4. 13:15 : Pourquoi la Ferme de la Cinquième Saveur ?
  5. 25:57 : Qu'est-ce que le kéfir et comment le fabrique-t-on ?
  6. 39:44 : Les plantes cultivées et les onze saveurs de la gamme
  7. 49:01 : Chiffre d'affaires actuel et objectifs

1. Quel parcours Élodie Fond avait-elle avant de devenir agricultrice ?

Élodie a étudié à Nancy, Lyon et Lille jusqu'à un master métiers de la culture. Elle a travaillé dans le socioculturel et l'éducation populaire, toujours dans le monde associatif : festivals de théâtre de rue, formations à la gestion des conflits, accompagnement d'associations employeuses et gestion d'une antenne de MJC pendant douze ans.

2. Comment a-t-elle financé sa reconversion ?

Elle a suivi un BPREA de neuf mois grâce au dispositif Transition Pro, qui a pris en charge sa paye avec l'accord de son employeur. Elle a ensuite demandé une rupture conventionnelle, acceptée, et perçoit le chômage pendant son lancement. Elle précise que les règles ont peut-être changé depuis 2021.

3. Comment est fabriqué le kéfir de la Ferme de la Cinquième Saveur ?

Élodie prépare des brassins de 100 litres avec 3 kilos de grains, 2 kilos de sucre, du jus de citron et des figues sèches. La première fermentation dure 24 heures à 22-23 degrés. Elle filtre, embouteille, puis ajoute une infusion de plantes préparée à part, car les plantes ne touchent jamais les grains.

4. Quelles saveurs propose-t-elle et lesquelles se vendent le mieux ?

Elle propose onze saveurs : kéfirs simples comme le cassis, le thym citron ou la sauge, assemblages comme Soleil et Lorraine, et kéfirs sauvages de tilleul, sureau et reine-des-prés. Toutes ne sont pas disponibles en même temps. Le cassis et le sureau sont les plus consommés, parce que ces plantes sont bien connues.

5. Quels sont les résultats et les défis actuels de son activité ?

Élodie commercialise depuis novembre 2023 en circuit court et déclare entre 1 500 et 1 700 euros hors taxes par mois, jusqu'à 2 100 en juin. Son plan d'entreprise vise 54 000 euros par an. Son défi principal est de trouver un lieu où vivre et produire sans s'endetter lourdement.

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