Maxime Marchand - Formateur technique - AGCO
#15 Des Gens Des Tracteurs - Maxime Marchand - Formateur technique - AGCO Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Résumé en 30 secondes
- Maxime Marchand forme les formateurs d'ACCO à Beauvais et prépare la documentation technique des nouveaux tracteurs très en amont de leur lancement.
- Ses applications 3D ralentissent l'hydraulique et rendent visibles des pièces cachées, pour mieux faire comprendre boîte de vitesses, moteur et transmission CVT.
- Une équipe de trois personnes conçoit ces outils en interne : après des essais avec des prestataires externes, l'entreprise a décidé d'arrêter cette piste.
Dans cet épisode de Des Gens Des Tracteurs, Yoann Fond reçoit Maxime Marchand, qui travaille chez ACCO à Beauvais depuis un peu plus de cinq ans, au service Formation Internationale. Au programme : comment la 3D aide à comprendre le matériel agricole, et ce que cela demande de métiers et de patience.
Former les formateurs, bien avant la sortie du tracteur
Maxime travaille dans le service « Train the Trainer ». Il crée des supports de formation technique et forme les formateurs des différents pays, qui transmettront ensuite l'information aux techniciens. Sa matière première : les documents bruts de l'engineering, avec leurs valeurs, leurs tableaux et leurs slides « indigestes », qu'il faut trier, mettre en forme et vérifier.
Ce travail se fait très tôt. Pour que les pays puissent former au lancement d'un produit, les formateurs doivent l'être avant. Maxime analyse déjà la documentation d'un tracteur annoncé pour 2025. Le projet avance par étapes, les « gates », jusqu'au feu vert final appelé OK to ship.
Du PowerPoint aux applications 3D
Il y a quelques années, le support de formation, c'était surtout un PowerPoint. Aujourd'hui, la 3D et les vidéos très courtes, deux minutes maximum, complètent l'offre. Les applications 3D tournent pour l'instant sur ordinateur, car les modèles sont trop lourds pour les tablettes. Trois applications sont déjà prévues : une boîte de vitesses, un moteur et, en cours, la boîte CVT.
Ralentir ce qui va trop vite
L'hydraulique est le meilleur exemple. Tiroirs et pressions bougent si vite qu'un schéma papier n'explique pas grand-chose. En 3D, on décompose chaque mouvement, on colore les conduits et on ralentit le temps : ce qui dure un quart de seconde peut durer trois minutes à l'écran.
Je ne fais pas juste de la 3D parce que c'est beau. Il faut que ça soit pédagogique.
Voir à l'intérieur d'un carter fermé
Pièces rendues transparentes, ressorts qui se compriment, huile qui circule, tableau de bord qui réagit : l'application sert de simulateur. Maxime rêve même d'un mode « Ant-Man », où l'on suivrait le trajet complet dans un moteur, depuis le filtre à air jusqu'à l'échappement. Il reconnaît que cela comporte encore des défis techniques.
Une équipe de trois, des rôles très différents
Derrière une interface simple se cache beaucoup de travail. Jarko, développeur basé en Finlande, code les applications sous Unity 3D. Christophe s'occupe du serveur, des licences, de la lumière, des matériaux et des textures. Maxime, lui, imagine le storyboard : quoi montrer, comment, et pour quel besoin du formateur.
Deux sociétés extérieures ont aussi été sollicitées pour un module de réalité virtuelle et un module de réalité augmentée. Le résultat n'a pas convaincu, et l'équipe a choisi de travailler en interne. Ce passage de l'épisode intéressera quiconque a déjà confié un projet technique à un prestataire.
Un parcours né dans l'automobile
Maxime n'est pas issu du monde agricole. Bac STI, BTS après-vente automobile, licence professionnelle à Orléans, puis une dizaine d'années comme technicien d'essai, notamment en laboratoire moteur à Rouen. Il découvre le machinisme agricole chez ACCO, d'abord avec les premiers modules e-learning, puis la 3D, qu'il apprend en autodidacte avec After Effects.
Il raconte aussi son regard sur les agriculteurs, des clients très exigeants qui ont besoin d'un tracteur réparé vite. C'est pour eux qu'il pense ses supports, notamment pour les dépanneurs sur le terrain, un métier qu'il dit ne pas pouvoir faire.
Anglais, Finlande et intelligence artificielle
Environ 95 % de ses échanges se font en anglais, souvent entre non-anglophones. Maxime parle de « globish » et d'une ambiance bienveillante, loin de la pression qu'on imagine. Il se déplace de 20 à 30 % de son temps, régulièrement en Finlande, d'où vient son meilleur souvenir : trois jours intenses, un moteur démonté et un sauna au bord d'un lac en décembre.
L'épisode se termine sur l'IA. Maxime la juge incontournable, déjà utile pour générer des blocs de code, mais il rappelle qu'il faut savoir ce que l'on demande. Et il détaille les trois qualités qu'il juge utiles dans son métier : autonomie, méticulosité et sens technique.
Pour entendre Maxime raconter ses projets 3D, ses galères de développement et sa vision de la formation, écoutez l'épisode complet.
Les temps forts de l’épisode
- 01:54 : Créer les documents techniques et former les formateurs
- 04:06 : Gates et « OK to ship » : le calendrier d'un projet
- 08:07 : Trois applications 3D : boîte de vitesses, moteur, CVT
- 10:39 : Le rêve du mode Ant-Man dans un moteur
- 14:17 : L'équipe de trois : développeur, serveur, storyboard
- 46:34 : Pourquoi l'équipe a arrêté les prestataires externes
- 1:03:15 : L'intelligence artificielle dans le travail de Maxime
1. Quel est le rôle de Maxime Marchand chez ACCO ?
Maxime travaille à Beauvais, au service Formation Internationale, dans le service « Train the Trainer ». Il crée les documents de formation technique à partir des informations brutes de l'engineering et forme les formateurs des différents pays. Il est aussi point d'entrée pour les activités et contenus de formation de Beauvais, ce qu'il appelle site lead.
2. Pourquoi travaille-t-il si tôt sur des tracteurs qui ne sont pas encore sortis ?
Les pays forment au lancement du produit, donc les formateurs doivent être formés avant. Il faut alors préparer la documentation très en amont. Maxime cite un tracteur prévu pour 2025 avec une nouvelle transmission. Le projet suit des étapes appelées gates, jusqu'au feu vert final, l'OK to ship, qui déclenche l'envoi des tracteurs dans les pays.
3. Que change la 3D par rapport à un schéma hydraulique classique ?
Un schéma papier est fait de traits et de symboles qui ne bougent pas. En 3D, on découpe chaque mouvement de tiroir, on colore les conduits, rouge pour la haute pression et bleu pour le retour à la bâche, et on ralentit le temps. Un phénomène d'un quart de seconde peut durer trois minutes à l'écran.
4. Qui compose l'équipe 3D et que fait chacun ?
L'équipe compte trois personnes. Jarko, développeur basé en Finlande, code les applications sous Unity 3D. Christophe gère le serveur, les licences, la lumière, les matériaux et les textures. Maxime conçoit le storyboard : ce qu'il faut montrer, comment le montrer et à quoi cela servira pour le formateur et les participants.
5. Pourquoi ACCO a-t-il arrêté de faire appel à des prestataires ?
Deux sociétés extérieures ont été sollicitées, pour un module de réalité virtuelle et un module de réalité augmentée. Maxime explique qu'elles maîtrisent le code mais connaissent peu la technique des tracteurs, d'où un cahier des charges très détaillé et des échanges longs. Ces modules sont peu ou mal utilisés, et l'équipe interne a été jugée plus efficace.