Stéphane Nicard - Agro Campus Vesoul Enseignant en machinisme agricole
#14 Des Gens Des Tracteurs - Stéphane Nicard - Agro Campus Vesoul Enseignant en machinisme agricole Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Résumé en 30 secondes
- Stéphane Nicard enseigne le machinisme agricole à Vesoul depuis près de 25 ans, sans être issu du milieu agricole, après des études de mécanique.
- Avec un parrain de promo et les constructeurs, ses étudiants de BTS ont réalisé dix vidéos sur les automatismes de bout de champ.
- Il regrette le manque de communication sur les métiers, constate des lacunes en maths et en français, et croit aux tutos courts plutôt qu'aux manuels.
Stéphane Nicard enseigne le machinisme agricole au lycée agricole de Vesoul (Agro Campus Vesoul) depuis bientôt 25 ans. Dans cet épisode de « Des Gens Des Tracteurs », Yoann Fond reçoit l'un de ses anciens professeurs de BTS pour parler de formation, de projets avec les professionnels et de l'avenir des métiers du machinisme.
Un prof de mécanique venu d'ailleurs
Stéphane Nicard n'est pas du tout issu du milieu agricole. Il a fait des études de mécanique : un DUT génie mécanique, une licence et une maîtrise de technologie mécanique, avec un détour par une prépa d'école d'ingénieur qui ne lui correspondait pas. Il a brièvement travaillé en bureau des méthodes, sur des machines servant à fabriquer des bacs d'étanchéité. De quoi expliquer, plaisante l'animateur, la résistance des matériaux qu'il infligeait à ses élèves.
L'enseignement l'attirait déjà, notamment parce qu'il avait été pion dans des lycées agricoles. Un poste s'est libéré à Vesoul. Il y est resté une douzaine d'années, puis a passé sept à huit ans à Montargis, avant de revenir à Vesoul depuis trois ans.
« La première qualité, c'est que la personne, elle a envie de le faire, qu'elle aime ça. »
Il se décrit comme un profil atypique, plus passionné d'enseignement que de machinisme au départ. Pour lui, c'est une bonne nouvelle : avec de moins en moins d'agriculteurs, le secteur a besoin de gens qui n'en viennent pas.
Une semaine qui ne ressemble pas à un cours classique
Ses cours portent surtout sur les BTS GDEA de première et deuxième année : mécanique, mais aussi soudure à l'arc, au MIG et au TIG pour ceux qui n'ont jamais soudé. Il intervient aussi en licence et travaille depuis longtemps avec Agro-Sud Dijon. À côté, il y a les réunions, dont la rénovation des diplômes, et surtout les projets.
Parrains de promo et dix vidéos
Chaque promo a un parrain, un professionnel d'une trentaine d'années. Henri Etignard, de Matériel Agricole, parraine les deuxièmes années. Avec lui, les étudiants ont réalisé dix vidéos sur les automatismes de bout de champ des constructeurs. Ceux-ci ont fourni des tracteurs neufs et un spécialiste pour expliquer. Les jeunes ont joué dans les vidéos, tourné et monté, à partir d'un cahier des charges et d'un scénario communs.
Le constat de départ : peu d'exploitants utilisent ces automatismes. Les tutos doivent les aider à programmer leur outil sans ouvrir le manuel. Un autre parrain de promo, Michel Weber, est aussi cité.
Licences et choix de métier
Stéphane Nicard présente deux licences : l'une technique (bureau d'études, formation technique chez les constructeurs, démonstrateur), l'autre commerciale, la licence MAC. Il insiste sur le côté transversal du secteur : on peut changer de voie en cours de route.
Les jeunes d'aujourd'hui : atouts et lacunes
Question franche de l'animateur : les mentalités ont-elles changé ? Pour l'enseignant, ni les attentes ni la mentalité, mais une génération habituée à l'instantané. Or une démarche scientifique demande de la répétition. Il évoque aussi un niveau en maths et en français qui est bas, au point que certains étudiants motivés se retrouvent comme un technicien sans caisse à outils.
Des solutions ? Il avoue ne pas en avoir de immédiate : le problème vient de loin, jusqu'à l'école primaire. Il souligne aussi que ces jeunes ont plein de compétences et d'envies.
IA, tutos et manuels d'utilisation
L'intelligence artificielle n'est pas utilisée en classe aujourd'hui, et il reconnaît un déficit de formation. Il cite pourtant la reconnaissance de plantes en pulvérisation et la gestion de données. Avec le BTS en cours de rénovation, la robotique pourrait entrer au programme. Son idée : former des gens capables d'aller chercher la bonne information, et faire intervenir des anciens spécialistes, par exemple sur l'Isobus.
Les manuels ? Lui-même ne les lit pas. Il préfère des tutos courts, avec des chapitres, qui vont droit au point bloquant.
Ce qui manque, et le conseil final
Selon lui, il manque de la communication pour valoriser les métiers du machinisme : montrer qu'ils sont variés et que ceux qui les exercent s'y épanouissent. Pour convaincre les jeunes, il recommande d'aller aux portes ouvertes, de discuter avec des anciens et des profs, et de choisir un établissement pour sa qualité plutôt que sa proximité.
Vous voulez savoir pourquoi il ne ferait aucun autre métier, et ce qu'il retient de ses anciens élèves croisés sur les salons ? Écoutez l'épisode complet de « Des Gens Des Tracteurs ».
Les temps forts de l’épisode
- 00:27 : Qui est Stéphane Nicard ? Un parcours venu de la mécanique
- 03:14 : Pourquoi choisir l'enseignement agricole
- 09:13 : Parrain de promo et projet de dix vidéos sur les automatismes
- 29:41 : Intelligence artificielle et formation
- 33:37 : Ce qui manque au machinisme agricole
- 34:50 : Les jeunes ont-ils changé ?
- 38:34 : Manuels d'utilisation ou tutos ?
1. Qui est Stéphane Nicard et quel est son parcours ?
Stéphane Nicard enseigne le machinisme agricole au lycée agricole de Vesoul, où il est revenu depuis trois ans. Il n'est pas issu du milieu agricole : il a fait un DUT génie mécanique, une licence et une maîtrise de technologie mécanique, puis travaillé brièvement en bureau des méthodes. Il a ensuite enseigné une douzaine d'années à Vesoul, puis sept à huit ans à Montargis.
2. Pourquoi a-t-il choisi l'enseignement agricole plutôt que l'Éducation nationale ?
Il avait été pion dans des lycées agricoles et aimait l'enseignement. Admissible à l'oral d'un concours de l'Éducation nationale, il a vu que les mutations pouvaient l'envoyer en banlieue de Marseille ou parisienne. Un poste s'est libéré à Vesoul, proche de la Haute-Marne dont il est originaire, pour enseigner en BTS. Il a donc laissé tomber le concours.
3. Comment se déroulent les projets menés avec les professionnels ?
Chaque promo a un parrain issu de la profession. Avec Henri Etignard, de Matériel Agricole, les étudiants ont réalisé dix vidéos sur les automatismes de bout de champ. Les constructeurs ont apporté des tracteurs neufs et un spécialiste. Les jeunes ont joué, tourné et monté, selon un cahier des charges. Les vidéos sont publiées sur le site de Matériel Agricole, avec un article.
4. Quelles difficultés observe-t-il chez les jeunes ?
Il parle d'une génération habituée à l'instantané, alors qu'apprendre une démarche scientifique demande de la répétition. Il constate aussi un niveau en maths et en français très bas : certains étudiants motivés manquent de bases, comme un technicien sans caisse à outils. Il n'a pas de solution immédiate, le problème venant de loin, mais il souligne leurs compétences et leur envie.
5. Que pense-t-il de l'intelligence artificielle, des tutos et des manuels ?
L'IA n'est pas utilisée en classe pour l'instant et il reconnaît un déficit de formation, tout en citant la reconnaissance de plantes ou la gestion de données. Il estime qu'il faut former des jeunes capables d'aller chercher l'information. Lui-même ne lit pas les manuels : il préfère des tutos courts, avec chapitres, qui vont à l'essentiel.