Arthur Caré - Case New Holland - Ingérieur test
#13 Des Gens Des Tracteurs - Arthur Caré - Case New Holland - Ingérieur test Arthur Caré, Ingénieur test chez CNH en Autriche Études : - ENIM Metz ---------- ---------- ---------- ----------...
Résumé en 30 secondes
- Arthur Caré, 24 ans, teste chez CNH en Autriche les prises de force avant, relevages avant et systèmes hydrauliques, entre laboratoire, atelier et terrain.
- Son parcours passe par l'école d'ingénieurs de Metz, des stages en Angleterre, en Irlande et en Allemagne, puis un double diplôme à Kaiserslautern.
- Il partage ses conseils, sa vision de l'IA et des salons, et explique pourquoi on peut travailler dans le machinisme sans venir d'une ferme.
Dans l'épisode #13 de Des Gens Des Tracteurs, Yoann Fond reçoit Arthur Caré, 24 ans, ingénieur test chez CNH (Case New Holland) et installé en Autriche. Son métier, on ne le voit jamais, alors qu'il décide en partie de ce qui arrivera chez l'agriculteur : tester un tracteur avant qu'il ne parte chez les clients.
Un ingénieur test, ça fait quoi concrètement ?
Arthur distingue plusieurs profils : ceux qui testent des composants, comme les moteurs (une autre entité, FPT), et ceux qui testent le tracteur dans son ensemble. Lui travaille dans le département test aux champs, qu'il décrit comme le premier client de l'usine.
Sa spécialité du moment : les systèmes avant, c'est-à-dire la prise de force avant, le relevage avant et l'hydraulique. Il suit des procédures existantes ou en crée quand le produit n'existe pas encore.
Un binôme ingénieur-mécano
Il ne travaille pas seul. À l'atelier, un mécano monte les pièces et il lui indique où aller, où poser un capteur. En retour, le mécano voit ce que l'ingénieur ne verrait pas. Arthur raconte avoir passé trois semaines en labo sur un seul composant, puis s'être retrouvé deux semaines plus tard chez un client à prêter un tracteur pour du broyage.
Son anecdote de prototype donne le ton : un bouton monté sur l'aile pour enclencher la prise de force avant, alors que le client cherchait la poire. Même chez les grands constructeurs, il y a une phase de bricolage fonctionnel avant l'industrialisation.
Du banc d'essai au terrain : un parcours d'ingénieur
Arthur est sorti de l'école nationale d'ingénieurs de Metz il y a deux ans. Ses stages l'ont emmené en Angleterre, en Irlande, puis en Allemagne, notamment chez Amazone et chez Claas. À chaque fois, la langue a été la barrière : trois ou quatre mois d'adaptation, surtout face aux dialectes.
Il a ensuite suivi un double diplôme avec l'université de Kaiserslautern, avec un master centré sur les véhicules commerciaux. Sa thèse, menée chez CNH en Autriche, proposait un banc d'essai capable de tester toutes les fonctions d'un tracteur. Le projet, estimé à six chiffres, n'a pas été construit : le retour sur investissement n'était pas assez rapide.
Le terrain, le contact avec la machine, c'est vraiment autre chose que derrière un ordinateur.
Quand un client est en panne
Que se passe-t-il quand un problème échappe à tout le monde ? Les équipes techniques de terrain et une équipe dédiée de l'usine passent d'abord. Si elles n'ont pas la réponse, le sujet remonte aux ingénieurs test, qu'Arthur appelle l'ultime recours. Le but : reproduire la panne et trouver une solution vite, car un tracteur arrêté chez un client est inadmissible.
Sa semaine type suit la même logique. Des tâches arrivent de la hiérarchie, mais customer first passe avant tout. Ensuite viennent les essais avec capteurs, l'analyse des données au bureau, puis la présentation des résultats à son chef.
Un métier ouvert, même sans ferme
Arthur vient d'une famille qui tient une concession en Lorraine. Il imagine une première période pour se forger sa propre expérience, puis la reprise de l'entreprise familiale. Pourtant, il insiste : il n'est pas nécessaire d'être issu du monde agricole pour travailler dans le machinisme. Il cite des collègues en finance et sa mère, administratrice des ventes.
Ses conseils tiennent en peu de mots : rester à l'écoute et ouvert, avoir soif d'apprendre, et foncer si l'on veut du terrain plutôt qu'une journée devant un écran. Son mentor, c'est son grand-père.
Souvenirs, IA et salons
Le meilleur souvenir d'Arthur ? Un test de surchauffe en tracteur dans les montagnes autrichiennes, pendant la fermeture estivale de l'usine, avec un arrêt au McDo. Le pire ? Le froid : la veille de l'enregistrement, il faisait moins 15.
Le podcast aborde aussi l'intelligence artificielle, utile selon lui pour les tâches répétitives et l'aide au diagnostic à partir de codes erreurs. Autre sujet : l'avenir des salons statiques face aux démonstrations en direct. Enfin, Arthur répond à la dernière question de Yoann : ce qu'il manque au machinisme agricole, c'est encore de l'innovation tournée vers le client, pour nourrir tout le monde.
Pour entendre les anecdotes d'atelier et le détail de ce parcours, écoutez l'épisode complet.
Les temps forts de l’épisode
- 00:48 : Ce que fait un ingénieur test chez CNH
- 05:16 : Le parcours d'études et les stages en Europe
- 15:36 : La thèse sur un banc d'essai pour tracteurs
- 27:09 : À quoi ressemble une semaine type
- 32:38 : Meilleur souvenir : tourisme en tracteur en Autriche
- 37:00 : Faut-il venir du monde agricole ?
- 42:47 : Salons statiques ou démonstrations dynamiques
1. Qu'est-ce qu'un ingénieur test chez CNH selon Arthur Caré ?
Arthur Caré distingue ceux qui testent des composants, comme les moteurs gérés par une autre entité, FPT, et ceux qui testent le tracteur dans son ensemble. Lui travaille dans le département test aux champs, présenté comme le premier client de l'usine. Il valide des produits à différentes phases, du composant prototype jusqu'au tracteur fini ou déjà sorti, par exemple pour le télégonflage.
2. Comment Arthur travaille-t-il avec les mécanos et les prototypes ?
Arthur travaille en binôme avec un mécano : l'ingénieur indique où aller et où poser un capteur, le mécano apporte son regard d'atelier. Il alterne laboratoire, parfois trois semaines sur un même composant, et terrain. Il raconte aussi un montage de prototype avec un bouton sur l'aile pour la prise de force avant, qui a surpris un client habitué à la poire.
3. Quel a été le parcours d'études d'Arthur Caré ?
Il a étudié à l'école nationale d'ingénieurs de Metz, avec des stages en Angleterre, en Irlande et en Allemagne, notamment chez Amazone et Claas. Il a ensuite suivi un double diplôme avec l'université de Kaiserslautern, spécialisé en véhicules commerciaux. Sa thèse de master, réalisée chez CNH en Autriche, portait sur un banc d'essai pour tester les fonctions du tracteur, finalement non construit faute de retour sur investissement rapide.
4. Que se passe-t-il quand un problème client remonte à l'usine ?
Les équipes techniques de terrain et une équipe de l'usine traitent d'abord les problèmes des concessionnaires. Si personne n'a la réponse, le sujet remonte aux ingénieurs test, décrits comme l'ultime recours. Ils essaient de reproduire la panne, car un tracteur à l'arrêt chez un client est jugé inadmissible. Arthur résume la règle par « customer first » : on arrête le reste pour traiter le client.
5. Faut-il être issu du monde agricole pour travailler dans le machinisme ?
Non, selon Arthur, même s'il faut aimer la machine. Il cite des collègues qui travaillent en finance et sa mère, administratrice des ventes dans la concession familiale sans être issue du monde agricole. Il estime que l'on apprend sur le tas et que ce milieu est très ouvert. Yoann ajoute qu'un profil trop marqué par le passé peut parfois biaiser l'évolution d'un produit.