Épisode · 2 février 2024

Jean-Noël Chaussé - A à Z Performance - Technicien formateur technique

#10 Des Gens Des Tracteurs - Jean-Noël Chaussé - A à Z Performance - Technicien formateur technique Jean-Noël, il cherchait du pétrole avant d'arriver dans le machinisme agricole ! On parle formation...

Résumé en 30 secondes

  • Jean-Noël Chaussé, technicien formateur chez A à Z Performance, partage son temps entre 80 % de formation technique et le SAV, sur tracteurs, télescopiques et outils de diagnostic.
  • Avant A à Z, il a passé dix ans dans la recherche sismique de pétrole, entre Cuba, l'Arabie Saoudite, la Papouasie et l'Inde.
  • Il juge les manuels peu lus et le e-learning trop scolaire : il préférerait de courtes vidéos, accessibles par QR code, au moment de l'intervention.

Dans cet épisode #10 de « Des Gens Des Tracteurs », Yoann Fond reçoit en visio Jean-Noël Chaussé, technicien formateur technique chez A à Z Performance. Son parcours est peu banal : un BTS Mécanique Travaux Publics, dix ans de recherche de pétrole à travers le monde, puis la formation de techniciens de constructeurs et de concessionnaires, en France comme en Afrique.

Du BTS à la recherche de pétrole

Jean-Noël fait son BTS Mécanique Travaux Publics à Saint-Hilaire, puis part sept mois en Angleterre dans une entreprise de travaux agricoles. Il y conduit le tracteur et s'occupe d'ensilage et de fumier. C'est là, dit-il, qu'il apprend l'anglais.

Le virage vers le pétrole tient à une annonce envoyée au lycée et à un copain revenu d'Afrique du Sud avec des photos de girafes et d'éléphants. Il se lance, et reste dix ans dans cette compagnie.

La sismique, une échographie du sous-sol

Il explique le principe : on réalise une échographie du sous-sol pour voir ce qu'il reste en ressources ou préparer de nouveaux forages. Ces missions mobilisent beaucoup de matériel, des camions, des foreuses, des bateaux, des générateurs, souvent dans des zones désertiques. Parmi les pays cités : Cuba, la Tunisie, l'Arabie Saoudite, la Papouasie, le Qatar, Abu Dhabi et l'Inde.

A à Z Performance : un métier où aucune semaine ne se ressemble

Chez A à Z, les clients sont les constructeurs et les concessionnaires. L'entreprise propose de la formation technique, chez eux comme à Saumur, de la documentation technique et du SAV. Elle répond aussi aux demandes quand ils n'ont pas de solution.

Jean-Noël consacre 80 % de son temps à la formation, sur tracteurs, télescopiques et outils de diagnostic, et le reste au SAV. Il est arrivé en 2017, par un ancien camarade de promo, Julien, qui avait monté l'entreprise. Il voulait voyager, mais moins longtemps que les six à huit semaines de ses missions précédentes.

Il n'y a pas une semaine qui est pareille.

C'est ce qui lui plaît : changer de constructeur, de machine, d'endroit et de collègues.

L'Afrique : de grandes fermes et un gros saut technologique

Sur place, il a vu des fermes de 10 000 ou 30 000 hectares équipées d'un matériel aussi pointu qu'en France. Mais les concessionnaires locaux ne sont pas toujours formés, d'où les missions d'A à Z, quand un constructeur a vendu un gros parc avec plusieurs semaines d'assistance sans avoir les ressources pour envoyer quelqu'un.

Le point dur, selon lui : passer d'un tracteur de cinquante ans à une machine récente avec boîte vario. Une panne pour une bricole peut immobiliser la machine, faute de savoir dépanner. Il plaide pour un accompagnement de plusieurs mois plutôt que pour une seule semaine de mise en route.

Des histoires de terrain

Jean-Noël raconte une ferme de luzerne en Égypte, entièrement sous pivot. Il parle, « si je ne dis pas de bêtises », de 22 coupes par an, envoyées par conteneur à Abu Dhabi.

Sa fierté se situe à Cuba, à l'époque de la recherche de pétrole. Un camion est en panne au bord de la route, le roulement du pont a lâché, et les pièces sont introuvables. Les joints viennent d'une ferme voisine, le roulement d'un jardin de bricoleur. Le camion a pu repartir.

Vidéos, QR codes et e-learning : comment former vraiment ?

La discussion devient très concrète. Les manuels d'utilisation ? Il connaît un seul chauffeur capable de tout lire. Le temps manque, et trouver la bonne information est une autre affaire.

Des tutos au moment où l'on a les mains sur la machine

Son idée : de courtes vidéos, accessibles par un QR code sur la machine, pour une vidange, une purge de freinage ou un changement de pompe. Il note que les constructeurs produisent surtout des vidéos marketing, et très peu de tutos. Quant à l'e-learning, il le voit comme un niveau 1 avant la formation, mais pense qu'il faut le raccourcir et donner du concret aux techniciens.

Sur l'intelligence artificielle, il ne l'utilise pas encore. L'idée de charger la documentation d'un constructeur pour obtenir un résumé ou une réponse précise lui paraît pratique, notamment pour ceux qui interviennent sur plusieurs marques.

Donner envie aux jeunes

Pour attirer de nouveaux profils, Jean-Noël conseille de ne pas présenter le métier comme de la seule mécanique. Il préfère montrer la technologie : RTK, électronique, robots, et demain l'électrification ou l'hydrogène.

Il parle aussi de l'écart entre TP et agricole, des usines de canne à sucre où tout doit tourner, et du seul métier qu'il ne ferait jamais : commercial.

Envie d'entendre ces histoires avec les mots de Jean-Noël ? Écoutez l'épisode complet du podcast.

Les temps forts de l’épisode

  1. 01:05 : Ce que fait A à Z Performance
  2. 06:29 : L'Afrique : fermes immenses et concessionnaires à former
  3. 07:45 : La ferme de luzerne en Égypte
  4. 13:23 : Dépanner un camion à Cuba
  5. 18:15 : Vidéos interactives et QR code sur la machine
  6. 23:38 : Attirer les jeunes vers le machinisme agricole

1. Que fait Jean-Noël Chaussé chez A à Z Performance ?

Il est technicien formateur technique. Il consacre environ 80 % de son temps à la formation, sur tracteurs, télescopiques et outils de diagnostic, et le reste au SAV. Il intervient chez les constructeurs et les concessionnaires, clients d'A à Z, ainsi qu'à Saumur. Il apprécie de toucher à tout, car aucune semaine ne ressemble à la précédente.

2. Quel était son parcours avant d'arriver chez A à Z ?

Il a passé un BTS Mécanique Travaux Publics, puis sept mois en Angleterre dans une entreprise de travaux agricoles. Il a ensuite travaillé dix ans pour une compagnie de recherche de pétrole, plus précisément de la recherche sismique, une échographie du sous-sol. Ce poste l'a mené à Cuba, en Tunisie, en Arabie Saoudite, en Papouasie, au Qatar, à Abu Dhabi et en Inde.

3. Pourquoi A à Z intervient-il en Afrique ?

Quand un constructeur vend un gros parc de tracteurs avec plusieurs semaines d'assistance, il n'a pas toujours les ressources pour envoyer quelqu'un sur place. A à Z assure alors le SAV et la formation. Jean-Noël décrit de très grandes fermes équipées de matériel pointu, mais des concessionnaires locaux parfois peu formés.

4. Quelle difficulté Jean-Noël observe-t-il dans la formation en Afrique ?

Certains utilisateurs passent d'un tracteur très ancien à une machine récente avec boîte vario, ce qui représente un gros saut. Une machine peut rester en panne pour une bricole, faute de dépannage. Selon lui, une semaine de mise en route ne suffit pas : il faudrait un accompagnement sur trois ou quatre mois.

5. Que propose-t-il pour améliorer la formation et l'usage des machines ?

Il constate que les manuels sont peu lus et que le e-learning doit rester court et concret. Il propose de petites vidéos, accessibles par QR code sur la machine, pour des opérations comme une vidange ou une purge de freinage. Les techniciens apprendraient ainsi au moment précis où ils ont les mains sur la machine.

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