Gentilhomme Gentilhomme - Teagle - Responsable France
#1 Des gens Des tracteurs - Gentilhomme Gentilhomme - Teagle - Responsable France Des gens Des tracteurs, c'est le podcast qui parle des gens qui travaillent dans le machinisme agricole et qu'on ne...
Résumé en 30 secondes
- Guillaume Gentilhomme, responsable France de Teagle, décrit un poste de chef d'orchestre entre le terrain et le constructeur, où aucune semaine ne ressemble à une autre.
- Une démo qui disjoncte devant une cinquantaine d'éleveurs, puis une opération de dix mille sachets de paille : ses pires et meilleurs coups racontés sans filtre.
- Pour lui, communiquer sur la solution apportée à l'éleveur plutôt que sur la machine fonctionne mieux, et les vidéos tutos pourraient remplacer les manuels.
Pour ce premier épisode de Des Gens Des Tracteurs, enregistré au salon de l'herbe, Yoann Fond reçoit Guillaume Gentilhomme, responsable France du constructeur Teagle. Un métier de l'ombre, que l'on voit rarement, mais qui fait le lien entre les éleveurs et l'usine.
Un parcours qui part de l'atelier
Bac STI en génie électronique, DUT génie industriel et maintenance, puis deux ans dans la société de son père, où l'on réparait du matériel agricole, forestier et de TP. Guillaume reprend ensuite des études : licence en agro-équipement, puis master à Dijon.
Son entrée chez Tanko tient à une audace. Il y propose un stage de fin d'études sous forme d'étude de marché, alors que le constructeur cherche un responsable France. Le contrat est signé une fois le master en poche. Sa leçon tient en une phrase :
Il faut pas avoir peur, il faut toujours tenter.
Responsable France : un poste de chef d'orchestre
Guillaume décrit un poste d'intermédiaire entre le terrain et le constructeur. Il faut répondre sur le plan technique comme sur le plan commercial, manager l'équipe commerciale, gérer la communication, organiser les salons et veiller à ce que le SAV suive.
Il oppose ce métier à celui des années 80, où l'on était soudeur ou tourneur-fraiseur. Aujourd'hui, il faut un large panel de connaissances. Ce qui lui plaît, c'est que chaque semaine change : bureau, plan marketing, visites clients, démos ou accueil d'un interlocuteur à l'usine.
Trois marques, un enseignement
Après plus de deux ans chez Tanko, il passe un an chez Redrock, petit constructeur d'Irlande du Nord. Selon lui, la greffe n'a pas pris, faute de volonté réelle de s'installer sur le marché français, où les éleveurs sont très techniques. Il commence chez Teagle le 2 janvier 2015.
Il explique pourquoi cela fonctionne : un constructeur capable de s'adapter vite aux demandes du terrain et des produits de niche, avec très peu de concurrence. Il affirme faire aujourd'hui entre cinq et six fois plus que ce que faisait l'importateur précédent.
Une démo qui tourne mal, un coup de marketing qui cartonne
Son pire souvenir ? Une démonstration devant une cinquantaine de personnes, organisée par le groupe LDC, avec un souffleur électrique de 10 kilowatts. Le moteur démarre, tout disjoncte. La suite, avec la poussière, la pluie et le rangement sous les regards, est à écouter de sa bouche.
Le meilleur coup, lui, tient en dix mille sachets de paille agrafés sur un dépliant et envoyés à une cible précise d'éleveurs. Sa sœur a rempli les sachets, lui a agrafé. L'envoi a coûté plusieurs milliers d'euros, mais les appels sont arrivés tous les jours, et des clients ont même gardé le sachet jusqu'aux salons.
Parler de solutions, pas de boulons
Sa conviction : l'éleveur se moque que la machine soit rouge ou jaune. Il veut résoudre un problème, comme une paille trop longue qui se mélange mal. Mieux vaut donc communiquer sur le résultat, le bien-être des animaux et celui de l'éleveur.
Lancer une marque étrangère en France
Guillaume donne trois conseils concrets :
- avoir un représentant français, une tête de pont qui parle la langue et a un accès direct à l'usine ;
- mettre des moyens dans les démos, et valider le produit chez l'éleveur avec sa propre paille ;
- utiliser les réseaux sociaux, dont les retours sont quantifiables.
Manuels, QR codes et vidéos tutos
Les manuels d'utilisation sont-ils lus ? Pas vraiment, selon lui. Chez Teagle, une mise en route est faite avec le client et une fiche signée. Pour aller plus loin, l'équipe réfléchit aux QR codes et à la réalité augmentée, où le logo de la machine servirait de déclencheur.
Les tutos vidéo, eux, existent déjà sur YouTube et ont des vues. Guillaume cite un éleveur qui y a trouvé comment recalibrer un diviseur. Yoann et lui évoquent aussi l'e-learning pour les concessionnaires, les pièces et les garanties.
Et le rêve professionnel ?
Il ne cherche pas un autre métier : il a l'impression d'être chef d'entreprise, sans le stress de mener la société, avec carte blanche. Il lance un message aux jeunes : le secteur est vaste, riche en métiers, et on y forme les personnes motivées.
À écouter sans attendre : l'épisode complet, pour les anecdotes de terrain et les conseils que cet article ne fait qu'effleurer.
Les temps forts de l’épisode
- 01:14 : Responsable France : un poste de chef d'orchestre
- 04:07 : De Tanko à Redrock, puis Teagle
- 07:29 : Le pire souvenir : une démo qui disjoncte
- 09:01 : L'opération des dix mille sachets de paille
- 15:38 : Trois conseils pour lancer une marque en France
- 17:34 : Manuels d'utilisation, QR codes et tutos vidéo
- 24:21 : Pourquoi rejoindre le machinisme agricole
1. Quel est le rôle de Guillaume Gentilhomme chez Teagle ?
Il est responsable France du constructeur. Il décrit un poste de chef d'orchestre, intermédiaire principal entre le terrain et le constructeur. Il manage l'équipe commerciale, gère communication et marketing, organise les salons et veille à ce que le SAV suive. Il doit aussi répondre techniquement et commercialement sur les produits, ce qui demande un large panel de connaissances.
2. Comment Guillaume est-il arrivé dans ce métier ?
Après un bac STI, un DUT et deux ans dans la société de son père, il a fait une licence puis un master à Dijon. Il a proposé à Tanko un stage sous forme d'étude de marché, puis signé son contrat après le master. Il a ensuite passé un an chez Redrock avant de débuter chez Teagle le 2 janvier 2015.
3. Que s'est-il passé lors de sa pire démonstration ?
Il présentait à des éleveurs de volailles, devant une cinquantaine de personnes lors d'une démo organisée par le groupe LDC, une solution pour souffler de la paille avec un souffleur électrique de 10 kilowatts. Au démarrage, tout a disjoncté. La version électrique a été abandonnée au profit d'une centrale hydraulique, produit qui se vend toujours très bien.
4. En quoi consistait l'opération des sachets de paille ?
C'était une opération de marketing direct ciblant des éleveurs précis. Dix mille petits sachets de paille ont été agrafés sur un dépliant, la sœur de Guillaume remplissant les sachets. Malgré un coût de plusieurs milliers d'euros à l'envoi, l'opération a généré des appels tous les jours et des visites sur les salons de clients ayant gardé le sachet.
5. Que pense Guillaume des manuels d'utilisation et des vidéos tutos ?
Il pense que les utilisateurs lisent peu les manuels, parfois mal traduits ou compliqués. Teagle réfléchit aux QR codes et à la réalité augmentée. Il constate que les tutos YouTube de son service ont de nombreuses vues et aident les éleveurs. Il juge aussi l'e-learning pertinent pour les pièces, les garanties ou le SAV.